Il y a, dans le silence du monde, une présence que l’on ne nomme pas toujours, mais que l’on ressent parfois comme un frisson doux, une évidence au creux de l’âme. Une présence qui ne s’impose pas, qui ne force rien, mais qui murmure entre deux battements de cœur. Une présence qui rassure, nourrit et nous accompagne — discrète comme une main posée dans la nôtre.
Parfois, dans mes créations ou derrière mon objectif, je la sens plus fort.
Dans la vapeur d’un plat qui s’élève comme une prière muette.
Dans les couleurs d’un paysage que je croise en voyage.
Dans l’émotion simple d’un moment partagé.
Tout semble alors dire : regarde mieux… ouvre-toi… tout est là.
Regarde autour de toi.
Les arbres produisent l’oxygène que nous avons besoin de respirer pour vivre, et nous expirons le dioxyde de carbone dont ils ont besoin pour produire cet oxygène.
Est-ce une harmonie divine ? Un hasard si précis qu’il en devient presque impossible à considérer comme tel ?
Le cœur humain, lui, bat sans qu’on le lui demande. La lumière, toujours, sait trouver un chemin à travers l’ombre. Le vivant se déploie avec une intelligence qui nous dépasse et pourtant nous englobe.
Rien n’est laissé au hasard. Chaque détail, du plus infime au plus grandiose, semble porter la trace d’une intention, d’une pensée subtile, patiente, infiniment calme.
On peut l’appeler Dieu. Ou l’Élan. Ou l’Univers. Le nom importe peu, si le souffle qui anime tout cela est le même.
Ce n’est pas une question de croire ou de ne pas croire. C’est une question de regarder, vraiment. De laisser tomber un instant les certitudes, les habitudes, les réponses toutes faites. Et d’oser se demander :
Comment se fait-il que tout cela tienne debout ?
Que tout cela s’harmonise ?
Que tout cela nous porte, nous dépasse, nous traverse ?
Peut-être que Dieu n’est pas loin, et qu’il ne l’a jamais été.
Peut-être qu’il n’est pas ailleurs. Peut-être qu’Il est exactement là : dans la cohérence de l’univers, dans la minutie extraordinaire du vivant, dans cette force mystérieuse qui organise tout sans relâche.
Il n’attend pas qu’on y croie. Il attend qu’on observe. Qu’on écoute. Qu’on ressente ce qui, en nous, sait déjà.
Et si, simplement, la question de Dieu n’était pas une affaire de religion, mais une invitation ? Une porte entrouverte vers un Mystère plus vaste que nos pensées, mais plus intime que notre propre souffle ?
Alors, sans convaincre, sans imposer… on peut choisir de tendre l’oreille.
Parce que parfois, c’est dans les murmures que la vérité se révèle.